Ministry au Bataclan – Live report du 28/07/2012

La période estivale est une horrible pénurie de concert. Et si on aura raté le concert à-priori honnète des ZZ top hier soir à l’Olympia, l’occasion se présente d’aller voir la figure de proue du metal industriel, Ministry. Un groupe que malheureusement nous n’avons, ni Vic ni moi-même, eu l’occasion de développer pour l’instant. Mais quelle réputation, quand on sait que c’est le groupe qui a influencé des groupes comme Nine inch nails ou autres Rammstein.

C’est donc dans un Bataclan peu rempli et relativement aéré que nous découvrons Djerv, choisis ici pour assurer la première partie, et faisant leur travail de manière correcte. Le tout est enjoué, avec des rythmiques prenantes, et la foule se chauffe petit à petit. Mais quand les lumières s’éteignent pour accueillir la formation une fois de plus renouvelée d’Al Jorgensen, l’ambiance devient électrique. Il faut dire que le son a été très réhaussé, et que tout sera très fort, les acouphènes s’en feront beaucoup ressentir. Mais venant de metal industriel, que demander de plus. Tout est d’une violence très prononcée mais empreinte d’une efficacité de valeur sure. Les membres ont une certaine prestance, une classe même, et se donnent au public, on est face à une machine de guerre. Surtout que l’écran placé derrière le batteur n’est pas anodin et fait un matraquage visuel d’images souvent choquantes et politisées, allant de la décomposition d’animaux à l’anti-bushisme extreme en passant par des formes psychédéliques. Mais allons droit au but , si la découverte des morceaux nous aura fait très plaisir et donne envie de s’intéresser très rapidement au travail de Ministry, ce concert était ridicule. Et Al Jorgensen en sera l’unique responsable. Dès qu’il débarque sur scène, le bonhomme ne tient absolument pas debout, se tient à son pied de micro pour tenir, et les rares fois où il en sort, manque de faire tomber ses compères en leur déboulant dessus nonchalamment. Toutes ses parties vocales seront en playback, et pour ceux qui oseraient hurler au scandale face à mes mots n’avaient qu’à bien le regarder, à essayer de balbutier en rythme des phrasés où pour pouvoir les hurler, il ne pouvait se contenter d’ouvrir légèrement la bouche ; il faut aussi remarquer qu’il y a des passages où il n’était même pas en face de son micro. Et que dire du passage où il disparaîtra, ne pouvant clairement plus tenir, tandis que nous entendrons le chant continuer ? Le groupe quittera la scène, un membre du staff du Bataclan nous indiquera que les musiciens allaient bientôt revenir, et en faisant le tour en extèrieur, nous verrons le camion de pompier arriver. Nous partirons aussitôt, supposant que ce cher Jorgensen se sera fait embarquer, déçus, se disant qu’il sera plus appréciable d’écouter une composition studio plutôt qu’un playback avec une loque qui fait triste à voir. 45 minutes, peut-être un hommage à Madonna.

Ces propos n’empêchent mon énorme respect pour l’homme et ses idées, mais je ne suis pas de ceux qui apprécient de se faire voler, même par ceux qu’ils admirent.

Vic & Jim

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